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    L’inéluctable mutation

    Le monde du travail semble se craqueler : ce n’est pas une catastrophe c’est simplement une mutation.

    Evidement, la crise économique et sociale affecte directement chacune et chacun dans ses activités : hausse du chômage, baisse du pouvoir d’achat, question des retraites et du temps de travail, mais aussi repositionnements stratégiques indispensables, alliances, mondialisation des échanges, concurrence impitoyable….etc.

    En plus, le climat et les phénomènes naturels  s’en mêlent paralysant les avions, les trains ou les voitures…

    Des épidémies, des famines touchent les pays les plus en fragilité et même nos pays développés peuvent être affectés jusque dans leur capacité à diriger leur économie.

    En arrière fond, on peut observer une sorte de clivage entre des systèmes de valeurs sociétales qui ont du mal à cohabiter.

    La mixité sociale, la mondialisation et l’avènement  techno-scientifique  ont sans doute pour la première fois mis en présence d’au moins quatre cadres de référence[1] profondément différents fondés sur :

    1. la conquête, la logique de la satisfaction immédiate des désirs individuels avec son corollaire de violence,
    2.  l’ordre, la rationalité, le professionnalisme et le sacrifice du soi au profit de la collectivité avec son corollaire de rigidité,
    3. la performance, la société de l’image et des apparences, de la prospérité pour chacun avec ses corollaires l’individualisme et l’épuisement des ressources
    4. la recherche d’une responsabilité sociétale, d’une vision relative des points de vue affirmés, le consensus pour permettre à des groupes différents de vivre ensemble dans le même espace avec son corollaire le manque de directivité.

    C’est en quelque sorte la récapitulation de la sociogénèse qui va de l’établissement de la sécurité à l’acceptation de la différence.

    Face à ces chocs de visions du monde et à ces crises à répétition les personnes souffrent et les dirigeants politiques sont relativement impuissants à faire face à ces situations. Même les responsables d’entreprise les plus pragmatiques semblent parfois dépassés par ces phénomènes et leurs effets à l’intérieur des entreprises.

    Nos repères, nos identités, nos représentations collectives, nos refuges sont  bousculés ou même rendues caduques par des conditions de vie de plus en plus complexes.

    Face aux anciennes configurations qui ont tendances à devenir doctrinales on voit fleurir des « résistances intérieures » à travers des associations, des réseaux sociaux, des groupes plus ou moins formels, des partages de savoirs qui donnent un autre sens à l’intelligence collective  qui peut s’exprimer comme une sorte de volonté démocratique agissante redonnant à tous ce que Max Weber appelait le «  goût de l’avenir ».

    Edgard Morin aime à citer le poète allemand Hölderlin qui écrivait : « là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve »[2].

    Les entreprises, parce qu’elles sont des groupes responsables, mettent progressivement en place des comportements professionnels qui relient la performance économique, la responsabilité environnementale et sociétale, le lien social, le bien être des personnes et naturellement, un certain gradient d’ordre nécessaire à la vie commune.

    Les pays aussi  vont devoir se réformer en profondeur et faire face aux tentations de retour en arrière et aux pressions de l’immédiat des différentes composantes socio-culturelles.

    Ne nous y trompons pas. Ces nouveaux comportements sont des innovations culturelles, psychologiques et sociales qui nécessitent un apprentissage et du soutien.

    Il nous faut le courage des pionniers, l’émerveillement des enfants et l’intelligence collective de nos différentes « tribus » pour survivre dans la complexité de ce nouveau monde qui nous invite à l’appréhender globalement par la voie directe du cœur.

     


    [1] Visions du monde plus ou moins conscientes qui orientent l’action et les attitudes sociales.

    [2] Cité par Jean-Claude Guillebaud – Sud-Ouest du 19 décembre 2010