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    Cerveau droit, cerveau gauche : est-ce un mythe ?

    Dans la vidéo ci-jointe, la neuro-anatomiste américaine Jill Bolte Taylor partage son expérience d’avoir vécu une hémorragie cérébrale.

    Ce témoignage est touchant de sincérité. Cette femme nous engage à utiliser plus l’hémisphère droit de notre cerveau car alors, la paix intérieure que nous y vivons, nous sommes en capacité de la projeter à l’extérieur de nous pour construire et contribuer à un monde plus pacifique.

    C’est une belle et généreuse idée qui rencontre notre aspiration commune au bonheur.

    La spécialisation des hémisphères cérébraux mérite ce pendant que l’on donne préalablement une information sur l’état de la science en ce domaine.

    L’hémisphère gauche du cerveau est supposée être le siège de la logique froide, du verbal, côté dominant, tandis que l’hémisphère droit est sensé être le côté de l’imagination, des émotions, de la conscience de l’espace mais côté refoulé, l’idée que le cerveau gauche est celui de la raison et le cerveau droit celui du désir, des passions et des affects. Deux personnalités dans une tête en quelque sorte, tel le Yin et le Yang, le héros et le méchant.

    Pour la plupart des neuroscientifiques ces notions sont considérées comme au mieux simplistes, au pire stupides.

    Les neurologues cliniques Gereon Fink de l’Université de Düsseldorf en Allemagne, et John Marshall de l’Hôpital Radcliffe d’Oxford voulurent vérifier l’idée en bref et condensé : un côté du cerveau pense et voit dans un angle large pendant que l’autre zoom plutôt sur les détails.

    Pour vérifier cette idée, ils travaillèrent en équipe avec le laboratoire de l’Institut de Neurologie de Londres et scannèrent des cerveaux de personnes qui regardaient une série d’images, appelées lettres Navon.

    Quelques mois plus tard, en Août 1996, Fink, Marshall et leurs collègues publièrent un papier dans Nature (vol 382, p 626). D’autres travaux paraissaient converger vers une conclusion identique, ce qui aida sans doute les travaux de l’article à se voir rapidement acceptés. En fait, le mythe populaire à propos des hémisphères grandissait en grande partie à partir des recherches sur le « cerveau divisé » (split brain) des années 1960, comme celles qui permirent à Roger Sperry de Caltech de remporter un prix Nobel.

    Cependant Fink et Marshall, au cours d’une simple séance de scanner remarquèrent que l’on pouvait obtenir des résultats exactement inversés en fonction de la tâche réalisée. L’équipe, déçue, fut obligée de publier un papier faisant état de résultats à l’opposé de ceux publiés dans leur précédent et fameux papier de Nature (Proceedings of the Royal Society B, vol 264, p 487, 1997).

    A l’heure actuelle, bien que la connaissance du cerveau soit encore balbutiante, les spécialistes font l’hypothèse qu’il peut toujours y avoir une prédisposition due au câblage, se formant quand le cerveau se développe, qui réaliserait une sorte de classification grossière de l’information entrant dans le cerveau. L’attention amplifierait l’effet lorsque l’appel se focalise dans une direction particulière.

    En Conclusion, quelle que soit l’histoire à propos de la latéralisation, une simple dichotomie des hémisphères est totalement hors sujet. Ce qui compte, c’est comment les deux côtés du cerveau se complètent et s’associent »

    C’est d’ailleurs l’objet de toutes les démarches sérieuses de développement et de croissance de la personne humaine.

    Il s’agit à chaque fois d’associer de nouveaux apprentissages concernant la fluidité entre le corps, l’esprit et les sensations et sentiments qui permettent de développer les relations entre les deux hémisphères et donc augmentent la capacité de conscience.

    Des méthodes de réflexions philosophiques (maïeutique par exemple), d’entrainement du corps (yoga, méditation…. ) et de travail à caractère psychologique (psychothérapie, psychanalyse…) sont particulièrement indiquées en fonction des objectifs de chacun. Le connais-toi toi même de Socrate ouvre la connaissance de l’univers et des dieux dit-on.

    Mais chacun peut agir vraiment sur son propre cerveau en lien avec le corps pour développer une conscience élargie mais aussi une sensibilité à soi-même et aux êtres vivants, une bonté fondamentale propre à modifier au moins partiellement la qualité des relations sociales dans un groupe spécifique.

    Le témoignage de Jill Bolte Taylor est en cela édifiant. Laissez-vous ressentir le courant émotionnel qu’elle ouvre lors de sa communication. Merci Madame Bolte.

    Jacques Moreau – Novembre 2009.

    Ce document a été réalisé à partir de plusieurs articles scientifiques publiés sur ce sujet.